Lors de son assemblée des délégués tenue le 25 avril 2026 à Balsthal, la Société Cynologique Suisse (SCS) a officialisé la passation de pouvoir à sa tête : Balz Koller succède à Hansueli Beer après onze ans de mandat. Dans un contexte de santé financière stable, mais de baisse des effectifs, la nouvelle présidence s’attelle à deux défis majeurs : renforcer le poids politique de la SCS et préserver le patrimoine génétique national. En collaboration avec ProSpecieRara, la SCS lance une initiative stratégique pour sauver les cinq races de « chiens de ferme » suisses menacées par l’évolution des structures agricoles.
Une transition saluée à l’unanimité
C’est dans le cadre du Centre de compétences Chien Suisse à Balsthal (SO) que s’est déroulée l’assemblée des délégués de la SCS, réunissant 199 délégués et une cinquantaine d’invités. L’événement a marqué la fin d’une ère : Hansueli Beer, président sortant, a quitté ses fonctions après onze années de service, recevant l’hommage unanime de l’assemblée sous forme de standing ovations et étant élu président d’honneur.
Son successeur, Balz Koller, a été élu « haut la main » par les délégués, suivant la recommandation du Comité central. Ce choix stratégique porte sur un profil aux compétences multiples : contremaître et maître agriculteur diplômé, Balz Koller cumule une expérience cynologique terrain (conducteur de chiens militaires, gérant de pension et d’école, éleveur, sportif) et un solide bagage politique (ancien conseiller cantonal lucernois et conseiller municipal).
Dans sa prise de fonction, le nouveau président a fixé le cap : « Représenter ensemble les intérêts des propriétaires de chiens vis-à-vis de la société et de la politique, et préparer la SCS aux défis futurs dans le cadre de processus démocratiques. »
Gouvernance et santé financière : un cap maintenu
L’assemblée a également validé les comptes annuels et le budget 2026 à l’unanimité. Béat Leuenberger, vice-président et responsable des finances, a souligné une situation financière saine, bien que la SCS doive composer avec une équation complexe : une diminution du nombre de membres adhérents contrastant avec une augmentation constante de la population canine en Suisse.
Sur le plan réglementaire, deux adaptations du règlement des expositions ont été adoptées sans opposition, témoignant d’un consensus au sein des instances dirigeantes. La structure associative se renforce également avec la création d’une nouvelle commission « Politique et législation relative au chien » et d’un comité de travail « Sport et éthique sportive », signalant une volonté de professionnalisation et de vigilance accrue sur les aspects déontologiques.
Urgence patrimoniale : le plan de sauvetage des « chiens de ferme »
Au-delà de la gouvernance, l’actualité de la SCS est marquée par un engagement concret pour la biodiversité canine. En partenariat avec la fondation ProSpecieRara, la SCS intègre désormais les cinq races traditionnelles de « chiens de ferme » suisses dans un programme officiel de préservation.
Ce patrimoine cynologique unique comprend :
- Le Saint-Bernard
- Le Grand Bouvier suisse
- Le Bouvier bernois
- Le Bouvier d’Appenzell
- Le Bouvier d’Entlebuch
Historiquement élevés pour la garde, la conduite du bétail et la traction, ces chiens robustes et polyvalents voient leurs effectifs décliner face à la spécialisation de l’agriculture moderne et aux changements structurels des exploitations. Andreas Rogger, directeur de la SCS, insiste sur l’enjeu : « Leur préservation n’est pas seulement importante d’un point de vue génétique, mais aussi pour la préservation de notre culture et de nos traditions. »
Le rôle de la SCS dans ce projet est central : accompagnement technique des éleveurs, mise en réseau des propriétaires et développement de stratégies d’élevage ciblées. L’objectif est double : assurer la diversité génétique de ces races et sensibiliser le public pour trouver de nouveaux détenteurs engagés.
Perspectives 2026-2027
Avec l’élection de Balz Koller et le lancement de ce programme de sauvegarde, la SCS affirme sa volonté d’être un acteur proactif, tant sur l’échiquier politique que sur le terrain de la conservation. La prochaine assemblée des délégués est d’ores et déjà fixée au 24 avril 2027, date à laquelle les premiers résultats de ces nouvelles orientations pourront être évalués.
Pour les professionnels du secteur, ces mouvements signalent une période de structuration forte, où la défense des intérêts cynophiles et la protection du patrimoine racial deviennent les priorités absolues de l’organisation faîtière suisse.
Sources : Communiqué de presse de la Société Cynologique Suisse (SCS) du 4 mai 2026 ; Données ProSpecieRara.



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